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Pourquoi l'Afrique a-t-elle encore faim ?




Pourquoi y-a-t-il encore la famine ?

Elle est le résultat de multiples facteurs. Ce n'est pas seulement la sécheresse qui en est la cause. Mais là où le sol est déjà pauvre, peut-être déjà trop utilisé et où les habitants ne peuvent acheter leur nourriture, des pluies insuffisantes risquent de causer la famine. Beaucoup de pays en Afrique ont abandonné des plaines entières à la culture d'exportation comme le café afin de pouvoir obtenir des fonds et payer leurs dettes envers l'occident. Les guerres civiles suscitent des gaspillages de ressources et causent toutes sortes de migration qui séparent les paysans de leur terre d'origine.


Que fait-on quand il n'y a pas de récoltes ?

La majorité de la population africaine vit de culture de subsistance. C'est-à-dire qu'ils ne mangent que ce qu'ils cultivent comme le maïs, le sorgho, le mil ou le riz.. Ils plantent et cultivent dès que la pluie arrive. A la récolte, on met un peu de côté pour plus tard et pour replanter la saison prochaine.
Quand plusieurs récoltes successives viennent à manquer, on s'attaque aux réserves que l'on partage dans le village. Puis on mange les semences destinées à la prochaine saison jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à manger. Peu nombreux sont ceux qui ont de l'argent pour acheter de la nourriture.


Que fait-on quand il n'y a plus rien à manger ?

Les gens cherchent des racines en creusant le sol ou mangent les feuilles des arbres. Ils iront même jusqu'à manger de l'herbe grillée. parfois ils ne peuvent plus manger que des plantes qu'ils savent vénéneuses. la vente du bétail, notamment des chèvres, est signe avant-coureur de famine. Pourtant le bétail de trait, buffle ou vache, est une sécurité pour l'avenir et garantit l'approvisionnement en lait. C'est donc un choix de dernier recours. Comme beaucoup vendent, les prix sont au plus bas, ce qui ne fait qu'aggraver le problème.


Comment peut-on trouver de l'eau en période de sécheresse ?

Il faut faire des kilomètres pour trouver de l'eau, parfois en creusant très loin dans le lit d'une rivière. Les gens sont peu enclins à quitter leur région. Les expériences passées montrent que l'on meurt dans les camps de réfugiés. Les centres de distribution décentralisés dans le village sont donc plus efficaces pour donner eau et nourriture à ceux qui en manquent.


Combien de temps peuvent-ils tenir ?

Les adultes peuvent résister ainsi plusieurs mois, mais les jeunes et les gens plus âgés sont plus vulnérables. Un jeune enfant sera déjà dénutri au bout d'une semaine.
En outre, personne ne peut tenir très longtemps sans eau. En quelques jours, on devient vite déshydraté et l'on meurt.
La malnutrition facilite les attaques des maladies. Mais un adulte mal nourri peut se relever assez rapidement une fois qu'il a à manger. Chez un enfant, sa croissance mentale et physique est très vite affectée.


S'il ne peuvent pas se nourrir, pourquoi ne pas avoir moins d'enfants ?

Les grandes familles sont à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté. Là où la mortalité infantile est très élevée et où il n'y a que peu de ressources, avoir des enfants peut paraître tout à fait logique pour une famille pauvre. C'est une garantie pour l'avenir en main d'oeuvre et en protection pour les vieux jours. L'expérience montre que seule l'élévation du niveau de vie fait baisser le nombre d'enfants.


Est-ce qu'il pleut moins en Afrique ?

En général, il y a une ou deux saisons des pluies suivies d'une courte période de croissance. Ces saisons sont maintenant très irrégulières et pendant ces vingt dernières années, le Sahel est devenu de plus en plus sec, avec de très graves crises en 1984 et 1990, où les pluies ont baissé de 40%. Ces transformations semblent être causées par un changement de température des océans ou par la pollution de l'atmosphère, et aussi par la déforestation.
On évalue à 650 millions de km2 la surface arable devenue désertique pendant ces cinquante dernières années. Et le processus va en s'accentuant.
En général, les paysans africains quittent leur terre pour qu'elle se repose après quelques années de culture. Mais le manque de pluies et de végétation (arbres et savane) a favorisé l'élimination progressive de la couche supérieure du sol par les vents et a permis l'avancée du désert. La production agricole n'a cessé de baisser ces dernières années en Afrique. Même sans parler de famine, un Africain sur trois souffre de malnutrition.


Pouvons-nous enseigner aux paysans africains à mieux cultiver la terre ?

L'Afrique est encore parsemée par des restes de matériel inadapté qui lui a été envoyé par l'Occident. Les méthodes de culture africaines respectent l'environnement et sont adaptées au climat. Dans de bonnes conditions, un paysan peut obtenir de très bons résultats. Il ne faut pas oublier que certaines régions d'Afrique sont très fertiles.
Même s'il est vrai que certaines méthodes de culture seraient préférables à celles actuellement utilisées, ces dernières ne sont pas responsables de la famine. Selon certains, si les paysans pouvaient exploiter les terres consacrées aux cultures d'exportation, ils pourraient produire pour une population trois fois supérieure à celle de l'Afrique.


Pourquoi font-ils des cultures d'exportation alors qu'ils n'ont pas assez à manger ?

Au siècle dernier, les Européens sont exploité les meilleures terres pour faire des cultures commercialisables chez eux, telles que le coton, le cacao, le café et l'arachide. Les paysans locaux ont dû se contenter des terres moins fertiles. A l'heure de l'indépendance, on a continué ces productions afin d'obtenir des devises destinées à acheter le pétrole et les produits manufacturés nécessaires au développement. Puis, dans les années 70, ces pays ont dû emprunter et, tandis que les prix de leurs production baissaient, les prix du pétrole augmentaient. Beaucoup de ces pays ont été incapables de rembourser leurs dettes. C'est pourquoi on a continuer à cultiver sur ces terres des denrées d'exportation en essayant de trouver des devises qui faciliteraient le remboursement de la dette contractée dans les années 70.


Pourquoi l'aide apportée à l'Afrique ne résout-elle pas le problème ?

Il y a toutes sortes de facteurs qui ont rendu les programmes d'aide peu efficaces et laissé l'Afrique plus pauvre aujourd'hui qu'en 1960.
Le commerce international a bien souvent joué en défaveur du continent africain et certains gouvernements n'ont pas aidé en abusant de leurs pouvoirs. La dette internationale a aujourd'hui pris une telle proportion que certains pays rendent trois fois plus d'argent à l'Occident qu'ils n'en reçoivent de sa part.
Cependant, les projets menés à petite échelle au niveau de la communauté locale, par exemple ceux qui sont menés à bien par les partenaires du S.E.L., font une vraie différence dans le développement de certaines régions. Mais il y a encore beaucoup à faire.


Sally Farrant (Tear Fund GB)


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